Le ginseng c'est quoi?

Le ginseng est la plante médicinale qui jouit de la plus grande renommée en Asie. Les médecins chinois considèrent le ginseng asiatique (Panax Ginseng) comme un tonique du Qi, la source de l'« Énergie vitale ». Ils lui attribuent la propriété d'accroître la force et le volume du « Sang » (le concept de « Sang », en MTC, est plus large qu’en médecine occidentale moderne – voir notre section Médecine chinoise 101), d'augmenter la vitalité et l'appétit, de calmer l'« Esprit » et de procurer de la « Sagesse ». On estime qu'il agit sur l'ensemble de l'organisme de plusieurs manières subtiles et qu'il contribue de manière globale à la santé et au bien-être.

Traditionnellement, le ginseng asiatique (P. ginseng) est dit « blanc » lorsque la racine a simplement été nettoyée et séchée. On le dit « rouge » ou « ginseng rouge coréen » lorsque la racine a été traitée à la vapeur avant d'être séchée.

Selon les praticiens de la Médecine traditionnelle chinoise, le ginseng asiatique est « chaud », tandis que le ginseng américain est plus « froid ». Cela signifie, en bref, que l’espèce asiatique est stimulante et nourrit l’énergie Yang, tandis que l’espèce américaine a un effet calmant et nourrit le Yin10. Les molécules actives connues des ginsengs sont les ginsénosides (de la famille des saponines). De très nombreux ginsénosides ont été identifiés à ce jour et ils sont présents en proportions différentes dans les 2 espèces.

Un peu histoire sur le Ginseng rouge

Le nom générique Panax vient des mots grecs Pan, qui signifie « tout », et Akos qui veut dire « guérir ». Le terme ginseng vient des mots chinois Gin, qui désigne « l'homme », et Seng qui veut dire « essence ».

Le ginseng asiatique fait partie de la pharmacopée de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) depuis au moins 2 000 ans. L'espèce nord-américaine (Panax quinquefolius) fut introduite en Chine autour de 1718 après avoir été découverte dans la région de Montréal par un missionnaire jésuite. Les herboristes chinois l'ont rapidement adoptée, soulignant sa grande similitude avec le ginseng asiatique tout en reconnaissant sa spécificité.

L'intérêt marqué des Chinois pour le ginseng nord-américain sauvage a entraîné une récolte effrénée de la plante qui a menacé sa survie. De plus, l’exploitation commerciale des forêts a créé une menace supplémentaire. Le ginseng sauvage est aujourd’hui considéré comme une espèce en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada et sa cueillette est interdite. Aux États-Unis, elle est soit interdite, soit étroitement contrôlée dans plusieurs États. Le ginseng asiatique sauvage est également une plante rare en Asie.

On sait peu de choses de l'usage que les Amérindiens ont fait du ginseng indigène avant sa quasi-extinction. Il semble qu'une peuplade l'employait pour fortifier la santé des personnes âgées tandis qu'une autre s'en serait servi pour accroître la fertilité féminine. Enfin, selon une légende, la plante permettait d'accoucher sans douleur.